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La démarche Refuge LPO© au domaine

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Découvrez le domaine national de Saint-Cloud et son patrimoine naturel.

© M. Guillou

Dans le cadre d’une convention avec la Ligue pour la protection des oiseaux, le domaine est inscrit dans une démarche d‘inventaire et de valorisation de son patrimoine naturel, la démarche « Refuges LPO© ».

Depuis 2016, deux concessions  du domaine ont reçue le label : le carré du pré Saint-Jean, ainsi que les jardins familiaux.

Le diagnostic écologique a été réalisé sur trois années. Pour ce faire, le site a été découpé en trois zones, une par année.

L’étude donne des préconisations de gestion pour l’ensemble du site.

A l’issue de cette étude, la partie septentrionale du domaine a également reçu le label, l’objectif étant à terme une labellisation complète du site.

Une étude sur 3 ans

Les inventaires réalisés dans le cadre de la mise en refuge du domaine n’ont pas eu pour but d’être exhaustifs, mais de donner une image de sa biodiversité en période où la faune cherche à se reproduire, car ce sont ces espèces qui sont la base des écosystèmes et sur lequel le plan de gestion va agir directement.

La présence de ces espèces est à mettre en relation avec les milieux en présence. Ainsi les espèces forestières sont celles les plus représentées. Parmi elles, on retrouve des espèces communes d’Ile-de-France que l’on rencontre dans les forêts de la région et les parcs et jardins arborés comme le rougegorge familier, mais aussi d’autres plus rares, comme les pics, du fait de l’âge du boisement et de la présences d’arbres morts ou dépérissants sur pied ou au sol (chablis). Ainsi, 5 des 6 pics de la région (pic vert, pic épeiche, pic épeichette, pic mar et pic noir) y ont été contactés, tous probablement nicheurs mais de façon sûre pour le pic épeiche, le pic noir et le pic vert (espèces généralistes se nourrissant dans les pelouses et prairies de fauches du Domaine). Le pic cendré, sixième espèces de pic de la région pourrait aussi très bien être présent au vu des niches écologiques disponibles.

Liées à ces grands arbres et grâce aux cavités que certains possèdent, on retrouve les mésanges forestières comme la mésange nonette où à longue queue, les passereaux forestiers comme la sittelle torchepot et le grimpereau des jardins, mais aussi des rapaces comme les nocturnes chouettes hulottes et hiboux moyen-duc, qui sont notés pour la première fois sur le domaine (aucune trace bibliographique connue). Elles nicheront dans des cavités devenues trop grandes pour les pics.

Lié aux grands arbres, l’épervier d’Europe, rapace diurne, nichera lui à la faveur des houppiers d’arbres vivants, ou morts en chandelles.

Quelques mammifères...

Au niveau des mammifères, on sait que chevreuil et cerf élaphe sont présents. Les autres mammifères tels le renard roux, le hérisson d’Europe et l’écureuil roux bien que vivant en forêt sont plutôt contactés dans les zones ouvertes et jardin bordant les boisements. Les rares dépressions humides en forêt, plus ou moins humides tout au long de l’année peuvent servir de zone d’hivernage ou de reproduction au crapaud commun très présent, retrouvé sous les feuilles à l’automne et sous les plaques à reptiles, mais aussi à l’état d’adulte ou de têtard dans le bassin « des goulottes » sur la zone « Jardins et terrasses du château ».

Les populations de crapaud commun des Etangs de ville d’Avray, qui alimentent en eau le Domaine, sont connues et ont été étudiées. Les alytes accoucheurs, autres crapauds sont aussi bien représentés, et localisés sur 3 zones (Grand réservoir, lac du Trocadéro, zone proche de la Grande cascade). La flore des sous-bois est une flore typique de ce type de formation boisée. On notera cependant que l’ail des ours, présent en grand nombre, s’il est commun sur toute la France, l’est beaucoup moins en Île-de-France et ne se retrouve qu’en de rares endroits comme les boisements de la Plaine de Versailles qui jouxtent le Domaine.

 

Lac du trocadéro © M. Guillou

Les autres espèces les plus présentes en terme de nombres d’espèces sont les espèces dites généralistes, qui s’adaptent à une multitude de milieux aussi bien artificiels que naturels. Parmi elles, on peut noter le rossignol Philomèle (entendu au mémorial dans le parc de Villeneuve-l’Etang), une des rares espèces généralistes qui n’est pas si commune car elle nécessite bien que généraliste, des conditions de vie particulières notamment la présence de l’eau. Les zones humides du Domaine sont représentées par les dépressions humides de zones boisées autant que les bassins, lacs, fontaines et rigoles. Grâce à ce réseau, on note la présence d’Alyte accoucheur dans le grand réservoir, le lac du jardin du Trocadéro, et la zone proche de la Grande Cascade. On notera aussi du triton palmé et des crapauds communs dans les rigoles du « bassin » des goulottes, où les amphibiens foisonnent.

Dans le Bas Parc au niveau du bassin du grand jet, c’est le Martin-pêcheur, qui a été vu à chaque passage et est revu régulièrement par différents observateurs. Un autre Martin pêcheur est, lui, vu depuis 2017 au niveau de l’étang de Villeneuve où il côtoie des espèces communes de milieux humide tels le canard colvert, l’invasive bernache du Canada, ou encore le héron cendré et les grands Cormoran. Grand cormoran qui avaient formés une forte colonie mise à mal par la coupe (réalisée dans ce but) de l’arbre qu’ils utilisaient ne constituant pas une action durable. Dans cet étang, sont présent l’écrevisse américaine, différents poissons introduits pour la pêche et des crapauds communs que l’on a retrouvés adulte sous la plaque à reptile. La flore des milieux humides y est faible et composée essentiellement de plantes de bord de berges. Tout cet écosystème a été mis à mal par une pollution à la chaux en 2015, lors de la rénovation du Mémorial de l’Escadrille Lafayette, provoquant une surmortalité de la faune. Elle semble aujourd’hui arrêtée avec la présence du Martin-pêcheur, grand consommateur de poissons, qui niche peut être dans les berges de l’étang (ce que le gestionnaire espaces pourra être amené à constater).

De nombreux jardins, clairières, chemins et allées en prairie de fauche entourés de bois ou non, attirent des espèces de milieux ouverts qui viennent y chasser comme le faucon crécerelle, ou la buse variable, qui pourraient nicher toutes deux dans le domaine, si ce n’est pas déjà le cas. Parmi les passereaux emblématiques des zones ouvertes, citons la fauvette des jardins, qui malgré son nom s’est bien raréfiée de ces derniers devenue horticole et manque de zone dense de friches buissonnantes et herbacée. Avec le tunnel qui permet d’accéder du domaine au Parc de Villeneuve-l’Etang et du Parc au Stade de la Marche, on peut penser que les espèces observés sur l’une ou l’autre des parcelles, puisse être aussi bien présentes sur l’une que sur l’autre.

Cette richesses faunistique est à mettre en parallèle avec la présence de milieux évoluant librement, composés de végétaux de différents âges, allant du stade de pousse à celui de sénescent, pour comparaisons avec un boisement proche étudié par la LPO et géré pour la production de bois, la Forêt de la Malmaison. On trouve sur les 450 ha du domaine, 52 espèces quand la forêt de la Malmaison en compte 30 sur 201 Ha (comparaison avec même protocole d’échantillonnage). La plus grandes taille du domaine national de Saint-Cloud, du double de celle de la Malmaison, joue bien évidement, un rôle, mais c’est surtout la diversité de milieux non homogène qui les différencies :

Comparaison avifaune de la forêt de la Malmaison et du domaine national de Saint-Cloud

On comprend alors tant en terme de diversité d’espèces que d’espèces nicheuses, que l’application d’une gestion type Réserve Biologique Dirigée, en laissant faire au maximum la nature avec un minimum d’intervention n’en sera que plus favorable pour l’écosystème du domaine.