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Les visionnaires

14 juin 2018  > 15 juin 2018 theatre

Venez découvrir la comédie de Jean Desmarets de Saint-Sorlin, Les Visionnaires, au domaine national de Saint-Cloud !

La pièce

Comédie baroque en cinq actes de Jean Desmarets de Saint-Sorlin publiée en 1637, elle fut interprétée en son temps par la troupe de théâtre de Molière.

La pièce présentée par la compagnie de théâtre CÉLÉBRATION 43 est mise en scène par Arnaud Simon, qui y apporte une touche contemporaine avec notamment l’introduction de chansons qui viennent ponctuer chaque fin d’acte.

Synopsis
Alcidon, père de famille, cherche à marier ses trois filles, Mélisse, Hespérie et Sestiane. Mais ces dernières, aveuglées par leurs folies respectives (Mélisse est amoureuse d'Alexandre le Grand, Hespérie croit que tous les hommes l'aiment et Sestiane est amoureuse de la comédie), ne l'entendent pas de cette oreille. Et cela malgré la présence de prétendants tous aussi fous, parmi lesquels Artabaze, grand matamore, Amidor, poète extravagant, Phalante, riche imaginaire, ou encore Filidan, « l'amoureux en idées ». Comment Alcidon, vieillard indécis, conseillé par son parent Lysandre, réussira-t-il à dénouer cette situation ?

Mise en scène
Arnaud Simon

Distribution
Hélène Babu
Pierre-Antoine Billon
Jacques Bondoux
Marlène Da Rocha
Ronan Bacikova
Pauline Vaubaillon
Jacques-René Lambert
Paul Luneau
Pierre Moure

Production
Célébration 43
Centre des monuments nationaux

   

Représentations en plein air

- Jeudi 14 juin 2018 à 14h30

- Vendredi 15 juin 2018 à 20h

Représentations, gratuites sur réservation : saint-cloud@monuments-nationaux.fr

Accès au domaine national de Saint-Cloud
Entrée gratuite pour les piétons
Droit d’accès aux automobiles : 5 €
Droit d’accès aux deux et trois roues immatriculées à moteur : 3 €

    

Note d’intention d’Arnaud Simon, metteur en scène

Écrite et représentée avec succès en 1637 à l’hôtel de Bourgogne, cette comédie baroque en cinq actes et en alexandrins est entrée au répertoire de la Comédie Française en 1680, jouée par la troupe de théâtre de Molière.

Molière s’est d’ailleurs inspiré de sa structure pour sa pièce Les fâcheux ainsi que du personnage d’Hespérie pour composer celui de Bélise dans Les femmes savantes. Conseiller du roi Louis XIII, habitué de l’hôtel de Rambouillet et protégé du cardinal de Richelieu, Desmarets de Saint-Sorlin entra à l’Académie Française à sa création et en fut le premier Chancelier. Resté longtemps méconnu, il a dénoncé comme Molière les mêmes vices humains : l’avarice, la pédanterie, l’intérêt et l’hypocrisie. 

À la lecture de cette comédie, j’ai été frappé d’emblée par la modernité de sa dramaturgie. Dans Les visionnaires, l’histoire n’est pas le socle, l’argument n’est qu’un prétexte. « Toutes ces folies bien différentes ne font ensemble qu’un sujet », dit d’ailleurs Desmarets de Saint-Sorlin. C’est une surprenante succession de scènes sans grande liaison qui forme une galerie d’extravagants qui, par la force de leurs bizarreries, évoque pour le spectateur du XXIe siècle le burlesque pur, les mouvements dada et surréaliste, le théâtre de l’absurde, le psychédélisme même… 

Tout dans cette pièce baroque semble dresser un tableau de notre époque : obsession de soi et de l’image qu’on donne, « avatars » des réseaux sociaux, identification aux « people » (y compris de téléréalité), storytelling des politiques… Et ce, dans un ballet jubilatoire où l’incommunicabilité règne en maître.

Pour ces personnages, la seule échappatoire pour se sentir en vie et se maintenir debout reste de s’emparer du verbe pour le déverser en logorrhées hallucinées. La fixation amoureuse sur un héros antique, la volonté de puissance, la perte de la réalité, l’amour pathologique de soi-même, la pédanterie littéraire, la mystification, l’indécision chronique, tous ces thèmes, portés par une « déferlante d’alexandrins âpres, forts en langue », s’entrecroisent et se tissent dans une joyeuse frénésie où, in fine, de la raison, la folie triomphe.

Cette langue, partie intégrante de notre patrimoine, j’ai envie de l’entendre résonner dans les cours et les jardins des monuments nationaux. Les hauts murs de ces lieux chargés d’Histoire (et d’histoires), comme unique décor, me semblent en effet pouvoir ajouter à la dimension onirique de cette comédie, où se confondent irréel et réalité.

Touche contemporaine, des extraits de chansons de Brigitte Fontaine, Kate Bush et Christophe – d’autres visionnaires – viennent ponctuer chaque fin d’acte. 

Enfin, essentiellement, je souhaite réunir autour de ce projet une troupe composée à part égale de comédiens avec lesquels je travaille depuis plusieurs années, dont je connais la finesse et la singularité, et de plus jeunes issus du Cours Florent, rencontrés grâce à un atelier que je dirigeais autour de cette pièce. En effet, j’ai été passionné lors de ce travail de voir leur réceptivité à la fantaisie et la modernité de la pièce ; la liberté qu’ils étaient capables de découvrir dans la « contrainte » des alexandrins et l’engagement physique qu’ils développaient à la recherche du corps burlesque de chaque personnage.

    

La compagnie Célébration 43

Créée par Hélène Babu et Thibault de Montalembert, la compagnie Célébration 43 commence son activité en région Bourgogne avec pour mission de valoriser le patrimoine culturel bourguignon en portant les grands textes du théâtre classique et contemporain.

Dans une optique de recherche artistique et de transmission théâtrale, Hélène Babu propose son premier projet en 2014 en adaptant La mouette, d’Anton Tchékhov. Elle utilise ainsi les décors architecturaux du château de Bussy-Rabutin comme espace scénique. La pièce est jouée une dizaine de fois dans différents lieux patrimoniaux de la région (châteaux, hôtels particuliers, etc.) et part en tournée l’année suivante.

En 2016, avec le soutien du Centre des monuments nationaux, Hélène Babu reprend la mise en scène des Fâcheux de Molière. Créée par l’auteur au XVIIe siècle dans le parc du château de Vaux-le-Vicomte, elle donne l'avantage de ne nécessiter aucun autre décor que la nature et les murs d'un château ou d'une maison. À l’issue d’une tournée estivale, la compagnie se voit proposer une coproduction au théâtre Montansier de Versailles avec pour objectif d’en présenter une version plateau, le spectacle prenant alors une autre dimension.

La compagnie travaille actuellement sur Macbeth de Shakespeare dans une adaptation pour deux personnages écrite par Pierre Senges, mise en scène par Magne Hovard Brekke et Thibault de Montalembert, ce dernier jouant tous les rôles masculins et Hélène Babu les rôles féminins. Cette pièce ouvre la saison du théâtre de Semur-en-Auxois en 2018 à l’issue des travaux de restauration de ce dernier.