Histoire
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Découvrez l'histoire de cette sculpture du domaine national de Saint-Cloud.
Cette statue est une commande du roi Louis-Philippe 1er, descendant direct de Monsieur, qu’il souhaite voir implanter au sein du musée dédié aux gloires de la France au château de Versailles, sous son règne, dans les années 1830.
Philippe d’Orléans est représenté en tenue de cour d’apparat de la seconde moitié du XVIIe siècle. Il porte la perruque, cheveux longs bouclés, typique de cette époque, instaurée par son père Louis XIII.
Noué autour de son cou, une cravate et non plus le jabot en dentelle que portaient son père et son frère au début du règne de ce dernier. Il revêt une longue veste boutonnée aux manches retroussées qui laisse apparaître une chemise froncée remontée par des rubans au niveau des coudes.
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Plusieurs accessoires rappellent les prérogatives militaires du prince.
Autour de la taille, il porte une écharpe en ceinture, marque de distinction et de commandement, et un baudrier autour de l’épaule servant à suspendre le fourreau de son épée. Épée qui est l’apanage de la noblesse qui, sous l’Ancien-Régime, a pour mission principale de protéger le reste du royaume, c’est-à-dire le clergé et le tiers état.
Dans sa main droite, Philippe d’Orléans tient le bâton de commandement, qui représente son statut d’homme militaire. Une partie de sa vie, il est envoyé sur différents champs de bataille, au nom de son frère Louis XIV. On retrouve ce bâton de commandement sur son portrait en armure, situé au musée historique du domaine national de Saint-Cloud, ainsi que sur les portraits de ses descendants, le Régent, son fils héritier, ou encore de son petit-fils Louis d’Orléans.
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Sur le côté gauche de sa veste, l’insigne de l’Ordre du Saint-Esprit en broderie d’argent. Une croix de Malte, avec en son centre, une colombe aux ailes déployées, représentation de l’Esprit Saint. L’ordre du Saint-Esprit est un des ordres les plus honorifiques de chevalerie française, fondé 1578 par le roi Henri III.
Intéressons-nous au bas de son costume. Au XVIIe siècle, les hommes ne portent pas le pantalon mais la culotte. Le pantalon ne deviendra monnaie courante qu’après la Révolution française. On appelait d’ailleurs certains révolutionnaires les « sans-culottes », qui portaient le pantalon, jusqu’au niveau des chevilles.
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Ici on retrouve cette culotte qui se termine par des bas en soie et chose encore présente à l’époque, les hommes mettaient des chaussures à talon. Ici vous avez des chaussures à bout carré et à talon haut. Petite anecdote concernant les talons, ceux de Monsieur étaient initialement rouges. Pourquoi ce rouge ? Ceci vient d’une histoire un peu rocambolesque, où Monsieur rentre d’une soirée au Palais-Royal à Paris et passe par le quartier des bouchers, où, par inadvertance il met le pied dans une flaque de sang. Cette flaque de sang va imbiber son talon. Il n’a pas le temps de se changer et arrive au château de Versailles tel quel. Il lance ainsi une mode qui va s’installer à la cour de Versailles.
Cette statue n’est pas en soi une représentation fidèle de Monsieur car elle est réalisée au XIXe siècle. En revanche l’artiste cherche à honorer le personnage qu’était Monsieur, en tant que premier de la lignée des Orléans et dont le roi Louis-Philippe Ier est le descendant direct.
Philippe de France est appelé « Petit Monsieur », titre alors réservé sous l’Ancien Régime au frère cadet du roi, pour le distinguer du frère de Louis XIII, Gaston d’Orléans, le « Grand Monsieur ». À la mort de ce dernier en 1660, il reprend le titre initial de « Monsieur » et devient, à 20 ans, chef de la maison d’Orléans.
Onze ans plus tard, en 1671, après la mort de sa première femme Henriette d’Angleterre, Louis XIV contraint son frère à épouser Élisabeth-Charlotte de Bavière, dite Madame Palatine. De cette union naissent trois enfants, dont Philippe d’Orléans, futur Régent, et Mademoiselle de Chartres.
Il sort brillant vainqueur de la bataille de Cassel, le 11 avril 1677, pendant la guerre de Hollande où Guillaume d’Orange est battu.
« Plus Parisien que Versaillais », Monsieur vit entre le château de Saint-Cloud et le Palais-Royal, délaissant la Cour où il a introduit Molière et sa troupe. Son château est considéré comme « l’autre Versailles ». Les jardins dessinés par Le Nôtre et les appartements décorés par le peintre Mignard rivalisent avec le palais de Louis XIV. C’est d’ailleurs là qu’il meurt en 1701, après avoir entretenu des relations complexes avec son frère, mais toujours teintées d’un profond amour fraternel réciproque.
CMN/DNSC
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